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NELLY MITJA NOUS EMMENE A LA DECOUVERTE DU MANGA EN 5 POINTS

Phénomène de masse au Japon… mais pas que, le manga touche toutes les générations et toutes les classes sociales de par la diversification de ses thématiques (sport, amours adolescentes, intrigues policières, science fiction, aventures, sexualité…).

Généralement prépubliés dans des magazines hebdomadaires, ils ne font l’objet d’albums que s’ils rencontrent l’engouement escompté.

Aussi, Nelly Mitja nous propose ici un petit aperçu en 5 points du monde du manga qui fait partie intégrante de l’univers de la bande dessinée.

Pour se détendre un peu cet été, Nelly Mitja, passionnée de bandes dessinées, notamment de romans graphiques, nous propose de (re)découvrir l’Univers de la bande dessinée à travers une série de mini articles. Histoire de la BD, genres, quelques chiffres, p’tites bio et tops 10 sont au programme de ce petit focus sur le 9ème art. Cet été, c’est BD avec Nelly Mitja ! « 

01. Petite définition

Le mot « manga » provient du japonais. Il se compose des idéogrammes « ga » (画), qui désigne la représentation graphique et « man » (漫) qui peut se traduire par les mots « involontaire », « divertissant », « sans but ». Nous pourrions donc littéralement traduire le mot « manga » par « dessin dérisoire ».

02. Inspiration et évolution

Le manga trouve son inspiration dans les emakimono, système de narration horizontale illustrée qui fait son apparition dans la culture nippone à l’époque de Nara (VIIIème siècle) et dans les estampes japonaises qui caractérisent la période allant du XVIIème au XIXème siècle. Considéré comme père fondateur de l’estampe de paysage, c’est Katsushika Hokusai (1760-1849) qui sera à l’origine du mot « manga ». A ce titre, il publiera de 1814 à 1834 une collection de croquis appelée Hokusai manga, où figurent des paysages, des scènes de la vie quotidienne et des représentations de la faune et de la flore. En 1902, c’est au tour du caricaturiste politique Kitazawa Rakuten d’offrir au manga un nouveau souffle en publiant ses premiers dessins dans la revue Jiji Manga. Si le phénomène rencontre son public, l’essor du manga sera freiné par l’arrivée de la seconde guerre mondiale, bien que son art soit utilisé à des fins de propagande par le régime de l’empire du Japon. Il faudra donc attendre la fin des années 40 pour que le manga connaisse son essor, et ce, malgré les contraintes budgétaires qui imposent alors le noir et blanc. Aussi, c’est avec le mangakâ Osamu Tezuka, qui donne vie en 1952 au personnage d’AstroBoy, un robot créé par le docteur Tenma, que le manga connaît son boom. Depuis cette date, le manga n’a cessé de se diversifier et de s’adapter à la société japonaise.

03. Caractéristiques

Il existe une multitude de caractéristiques et de variations propres au manga. Outre son sens de lecture (de droite à gauche), le manga se caractérise par son cadrage, sa mise en scène et ses codes graphiques qui se rapprochent sensiblement de ceux du cinéma. Leurs personnages sont généralement placés au cœur de l’intrigue. Leurs traits, souvent proches de ceux des occidentaux, sont aussi reconnaissables à leurs yeux de biche, ou plutôt de faon (hommage à Disney dont Osamu Tezuka était fan). Cette technique, conservée par la nouvelle génération de mangakâ, a la particularité de laisser transparaître les sentiments et les émotions des personnages au même titre que l’utilisation des onomatopées qui sont omniprésentes et qui traduisent également l’action de mouvement. Leur déformation physique (traits du visage caricaturés, rapetissement ou agrandissement des corps) est quant à elle une manière volontaire d’insister sur une forme de comique de situation ou de toute puissance. Une autre caractéristique du manga est l’utilisation de trames. Cette technique a notamment été développée après la seconde guerre mondiale pour pallier l’imposition du noir et blanc et ainsi donner plus de relief aux dessins en travaillant les nuances de gris et les jeux d’ombre et de lumière. Enfin, un tome de manga peut également compter plusieurs centaines de pages (entre 150 à 300), contrairement à la BD classique qui en compte généralement 48.

04. Les catégories de mangas

L’univers du manga compte une multitude de catégories et sous catégories. Nous n’en retiendrons ici que quelques-unes parmi les plus populaires :

  • Signifiant « enfant » en japonais, le kodomo est un manga qui est destiné aux plus jeunes. Distrayant, il met généralement en scènes des personnages assez enfantins dont les aventures amusantes nous sont contées. La saga Pokemon, d’Hidenori Kusaka et Mato, en est la parfaite illustration.
  • Comme son nom l’indique, le manga shōnen s’adresse aux jeunes adolescents, et plus particulièrement aux garçons âgés entre 8 et 18 ans. Dans ces mangas, il est toujours question d’un héros, de combats glorieux et de recherche de justice.Dragon Ball d’Akira Toriyama, ou encore Saint Seiya de Masami Kurumada font partie intégrante de cette catégorie de manga.
  • A l’instar du manga shōnen, le manga shōjo,qui a connu un tournant dans les années 70, en lien avec larévolution féminine et sexuelle, cible les jeunes filles et met généralement en scène des histoires d’amitié et de romances. Nous pouvons aussi y retrouver des intrigues sur fond historique. Candy Candy de Kyōko Mizuki et Yumiko Igarashi, Jeanne et Serge de Shizuo Koizumi ou encore La rose de Versailles de Riyoko Ikeda, plus connue dans sa version animée Lady Oscar, font partie du manga shōjo.
  • Le manga seinen est une catégorie qui s’oriente vers un public plus adulte. Le genre masculin y est toujours la cible. Les sujets traités y sont plus variés (Science-fiction, horreur, fantastique, intrigue amoureuse…) et abordés avec plus de complexité et de subtilité. La violence et l’érotisme peuvent également y figurer. Akira de Katsuhiro Ôtomo ou encore Berserk de Kentarō Miura font partie des best-sellers du genre. A noter qu’il existe également une catégorie qui se situe entre le manga shōnen et le manga seinen. Il s’agit du yong seinen, qui lui, s’adresse véritablement aux garçons au sortir de l’adolescence.
  • Tout comme le manga shōjo, le manga josei, qui signifie littéralement « le manga pour femmes » s’adresse aux femmes de la même génération que le manga seinen, quoi que son lectorat s’avère plus large car également composé de femmes adultes, mariées et / ou insérées dans la vie actives. Nous y retrouvons souvent les mêmes thématiques que dans le shōjo, comme celles des relations amoureuses, de l’amitié, mais aussi des sujets plus en adéquation avec le lectorat comme le célibat, les relations de travail, la recherche de l’âme sœur. Des mangas comme Nana d’Ai Yazawa ou encore Paradise Kiss de Paradaisu Kisu sont qualifiés comme tels.
  • Le hentaiest un style réservé au plus de 18 ans. En langage familier, il signifie « pervers » ou « bizarroïde ». Il s’agit du manga pornographique par excellence où scènes d’orgies sexuelles et pratiques sadomasochistes sont de mise. Ce style s’est notamment illustré avec Urotsukidoji de Toshio Maeda, qui met en scène le personnage d’Amanojaky, un être mi-homme mi-bête, qui après avoir été banni de la Terre, y retourne à la recherche du Chōjin (l’Etre Suprême).
  • Enfin, le ecchi, qui signifie « indécent », « lubrique », peut être également compris comme « sexuellement inapproprié ». Bien qu’intimement lié au hentai, son style est beaucoup plus épuré, beaucoup moins violent. La tendance est le plus souvent à la suggestion, à l’érotisme, bien qu’il existe aussi le ecchi trash (interdit au moins de 18 ans), beaucoup plus explicite dans ses dessins.


05. Manga sans frontières

Vous l’aurez compris, l’univers du manga ne connaît aucune limite, pas même celle des frontières puisque la France est le second pays consommateur de mangas dans le monde après le Japon. A ce titre, en 2020, les mangas représentaient 42% des ventes en volumes de bandes dessinées en France. Et c’est sans compter les produits dérivés et les adaptations en dessins animés et films d’animation. Mais la déferlante nippone ne s’arrête pas là. Chaque année, des festivals exclusivement dédiés au phénomène manga sont organisés aux quatre coins de l’hexagone, rassemblant plusieurs milliers d’inconditionnels. A ce titre, nous pouvons citer La Japan Expo qui porte sur la culture populaire japonaise et dont la première édition s’est tenue en 1999. Lors de sa dernière édition, en 2019, elle a rassemblé pas moins de 250 000 personnes pendant quatre jours au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte. La prochaine édition est prévue en 2022. A noter aussi le Kamo Con de Dijon, la Japan Addict de Strasbourg ou encore la Japan Touch de Lyon et le Festival Animasia de Bordeaux.

Auteur : Nelly Mitja

Communication Vendée
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